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Après la polémique ICE, Capgemini passe en revue ses filiales
information fournie par Boursorama avec AFP 13/02/2026 à 13:08

( AFP / ERIC PIERMONT )

( AFP / ERIC PIERMONT )

Echaudé par la polémique liée au contrat passé avec la police américaine de l'immigration, le groupe français Capgemini a annoncé vendredi qu'il menait une revue des activités de l'ensemble de ses filiales.

Fin janvier, le géant de l'informatique s'était retrouvé au cœur d'un tumulte provoqué par la révélation d'un contrat conclu par sa filiale Capgemini Government Solutions (CGS) avec la police américaine de l'immigration, l'ICE, avant d'annoncer quelque jours plus tard son intention de vendre cette société.

"C'est un événement" qui "nous a permis de faire une revue de l'ensemble de nos filiales, de nos participations, pour bien vérifier qu'elles sont alignées avec nos objectifs et qu'on a suffisamment de pouvoir opérationnel par rapport à ces filiales", a affirmé vendredi le directeur général du groupe, Aiman Ezzat, lors d'un échange avec des journalistes, en marge de la présentation des résultats annules 2025 de l'entreprise.

"A ce stade, on n'a rien trouvé qui nous dérange, mais on continue de regarder", a-t-il ajouté.

Concernant la vente de cette filiale américaine, "le plus tôt sera le mieux", mais "il y a un processus à suivre", a-t-il relevé.

M. Ezzat a précisé que la cession de cette société, qui représente moins de 2% du chiffre d'affaires de Capgemini aux Etats-Unis, aurait un impact "mineur" sur les finances du groupe en 2026.

Selon plusieurs médias, dont L'Observatoire des multinationales, France 2 et Les Jours, Capgemini a notamment fourni un outil d'identification et de localisation de personnes étrangères à l'ICE, police fédérale mobilisée par le président américain Donald Trump dans une vaste campagne anti-immigration.

M. Ezzat s'était auparavant défendu en indiquant que cette société, soumise à la législation américaine, agissait de manière autonome et que le groupe était dans l'impossibilité d'accéder à des informations classifiées.

- Optimisme pour 2026 -

En outre, dans un courrier interne envoyé aux salariés du groupe, Capgemini avait indiqué, sans plus de précisions, que le contrat "n'était pas en cours d’exécution car il faisait l'objet d'un recours".

Ces révélations ont provoqué de nombreuses réactions au sein des syndicats de l'entreprise et d'une partie de la classe politique française, qui ont vilipendé ce lien avec l'ICE.

Par ailleurs, le groupe, qui publiait vendredi ses résultats annuels, a fait état d'une année 2025 contrastée, avec un bénéfice net en baisse mais une activité en légère hausse.

L'an dernier, son résultat net a atteint 1,6 milliard d'euros, en recul de 4,2% par rapport à 2024, tandis que son chiffre d'affaires a grimpé de 1,7% (+3,4% à taux de change constants), à 22,4 milliard d'euros.

Pour 2026, Capgemini se montre plus ambitieux puisque le groupe anticipe une hausse de son chiffre d'affaires à taux de change constants comprise 6,5% et 8,5%, portée par une contribution inorganique de 4,5 à 5 points.

"Les trois vecteurs de croissance sont la souveraineté, l'intelligence artificielle (IA) et l'opération intelligente" (IA capable d'agir de façon autonome, NDLR), a rappelé le directeur général du groupe français, qui compte notamment tirer son épingle du jeu en Europe face aux "réglementations sur les données personnelles et aux tensions géopolitiques".

Cette année, Capgemini veut aussi améliorer sa rentabilité en augmentant sa marge opérationnelle, attendue entre 13,6% et 13,8%, contre 13,3% en 2025.

A la Bourse de Paris, cette publication était bien accueillie par les investisseurs. A 10H40 (heure de Paris), le titre du groupe prenait 3,57% à 103,30 euros, dans un marché en baisse de 0,22%.

Poussé par le développement rapide d'outils d'IA, l'entreprise prévoit en parallèle des coûts de restructuration d'environ 700 millions d'euros sur deux ans, dont la majeure partie en 2026, visant "l'adaptation de ses talents et compétences par la mise en œuvre d'initiatives dans un certain nombre de pays".

Le 20 janvier, Capgemini avait annoncé son souhait de supprimer jusqu'à 2.400 postes en France, via des reclassements et des départs volontaires, face au ralentissement de son activité dans cette zone.

"Nous avons fait un plan notamment sur la France mais chaque pays travaille sur l'évolution nécessaire de ses compétences", a dit M. Ezzat.

En octobre, Capgemini avait finalisé l'acquisition de WNS, entreprise de gestion des processus métiers cotée à New York, pour 2,8 milliards d'euros, afin de créer un acteur majeur de l'IA dans ce secteur.

Avec cet achat, les effectifs de l'entreprise ont bondi de 24% sur un an, pour s'établir à 423.400 personnes.

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